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LA BICHE est un navire mixte qui
possède deux systèmes de propulsion, une voilure assez réduite de 190 m² et une machine qui prend une place
considérable dans l’espace coque.
La légèreté de la voilure
peut paraître surprenante. Il s’agit de voiles « au tiers »
enverguées sur des épars légers. Sur le Faon, les mâts sont même rabattables,
ce qui n’est pas le cas de la Biche comme on peut le voir sur le plan puisque
leur emplanture se trouve sur la carlingue. L’adoption de ce gréement très
rustique confère deux avantages au paquebot : d’abord c’est un jeu de
voile facile à se procurer dans le port de Calais où le gréement de lougre est
très répandu. Ensuite, sur le plan purement nautique, les voiles au tiers
permettent au vapeur d’être « appuyé sur l’eau » afin de faciliter le
mouvement des roues à aubes.
Elles empêchent le navire de
rouler lorsqu’il reçoit le vent de la
mer par son travers, ce qui est le cas
dans les traversées ordinaires.
Grâce à cette voilure serrant le vent au plus près, le
paquebot peut espérer gagner au vent debout, un peu de vitesse. Une voilure de
vent arrière lui est inutile puisqu’elle risquerait d’emballer la machine et d’augmenter la consommation de charbon.
Enfin, lorsque les voiles sont serrées,
un gréement aussi léger ne gêne en rien l’équilibre et la vitesse du
paquebot lorsqu’il navigue seulement à
la force de sa machine.
On peut également penser que c’est par souci d’économie que
les nouveaux paquebots ont repris la même voilure que leurs prédécesseurs…
En 1844, les
trois paquebots poste de Calais, le
Courrier, La Poste, et l’Estafette, équipés de machines à balanciers de 30
chevaux sont tellement à bout de souffle que malgré une refonte de leurs
chaudières en 1843, ils ne peuvent plus assurer leurs services dans les
conditions prévues par le cahiers des charges. La Biche, Le Faon et Le Daim
possèdent des machines à cylindres oscillants d’une puissance de 150 chevaux
vapeur.
La machine de La Biche est
construite au Creusot en 1846, mais dès 1849 la rupture d’une pièce oblige le
navire à une immobilisation de trois mois au bassin à flot de l’ouest. La
situation est particulièrement dramatique alors puisque Le Faon attend sa
livraison de nouvelles chaudières et que Le Daim est également indisponible
Les trois nouveaux paquebots poste
du service Calais Douvres sont construits
à Bordeaux par les chantiers
Bichon.
Extrait de la conférence de
C BORDE, « Le PAQUEBOT DE CALAIS 1784-1928 » pour le Modélisme Naval
du Calaisis auditorium du Musée de
Calais le 4 décembre 1996.
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